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Assa Traoré et la justice française

Publié le 11 mai 2021

Le 7 mai se déroulait le procès d’Assa Traoré. Accusée de diffamation, la femme avait écrit une tribune nommée « J’accuse... ! ». Elle y dénonçait les personnes impliquées dans la mort de son frère, Adama Traoré. Des gendarmes présents sur les lieux de la mort jusqu’aux juges d’instruction, tous sont complices selon l’autrice.

Dans la cour de justice

En faisant référence au texte d’Émile Zola, c’est dans un « J’accuse » daté de juillet 2019 qu’Assa Traoré dénonce à son tour la justice française. Les noms des personnes impliquées dans l’affaire Adama y figurent. Parmi eux, les gendarmes Arnaud Gonzales, Romain Fontaine et Mathias Urhin sont critiqués pour avoir refusé de retirer les menottes de l’inculpé en train de s’étouffer. Après sa publication, une plainte pour diffamation a été déposée. Selon son avocat, Yassine Bouzrou, « ce procès, cette procédure sont indignes ». Alors que les gendarmes en question ont été convoqués, aucun d’entre eux ne s’y est rendu ce vendredi. « Il faut être sacrément solide pour accepter tout ça » a ajouté l’avocat de l’accusée concernant les plaintes successives visant sa cliente. En février, un autre procès avait condamné Assa Traoré pour non respect de la présomption d’innocence et contrainte de payer une amende de 4000 euros aux gendarmes en question.

 

Dans la cour de Persan

Toute la polémique tient d’une journée de juillet 2016. Le 19, Adama Traoré est interpellé à Beaumont-sur-Oise dans le Val-d’Oise. Une course-poursuite s’était déroulée dans la ville avant que l’équipe de gendarmes n’arrête le suspect. Alors qu’ils arrivent dans la cour, l’interpellé semble avoir du mal à respirer. A l’arrivée des pompiers à la gendarmerie de Persan, Adama Traoré perd connaissance. Le SAMU arrivent ensuite et mettent plus d’une heure à essayer de le réanimer. Mais à 19h05, un des médecins annonce la mort de l’homme de 24 ans. Après l’évènement, plusieurs témoignages se contredisent sur les circonstances de l’immobilisation du jeune-homme. Pour l’autopsie, les analyses sont aussi différentes. La première expertise annonce un malaise cardiaque dû à une « infection très grave » dont il souffrait déjà. L’expertise la plus récente est celle de juin 2020. Cette dernière écarte l’hypothèse de l’infection et met en cause la responsabilité des gendarmes quant au plaquage ventrale appliqué.

Avec de très nombreux éléments de réponses, l’affaire Adama n’est pas encore résolue. Le verdict du procès contre Assa Traoré pour diffamation sera prononcé le 1er juillet.

Crédit photo : Bertrand Guay / AFP

Par Noé Davenas

Dernière modification le 19/05/2021 à 13h01

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