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Charles Trenet : des fresques de phrases

Publié le 18 mai 2021

Ce 18 mai sonne le 108ème anniversaire du « fou chantant », Charles Trenet. Poète connu dans le monde entier, ses chansons résonnent dans les oreilles de tous comme une brise d’automne. « La Mer » ou « Y’a d’la joie » font le patrimoine de la France à l’international. Portrait de l’homme à la voix de rimes. 

Le 25 octobre 1978, sur le plateau de TF1, Charles Trenet présente son livre « Mes jeunes années ». Ce livre, c’est sa mère et lui-même qui l’ont écrit. En regroupant tous les petits souvenirs, même les détails insignifiants de ses 4 ans, les deux inséparables ont retracé toute la vie du chanteur. Né le 18 mai 1913 à Narbonne, c’est une enfance sous le soleil catalan que vit Charles. Son parcours, prestigieux comme nous le connaissons, il débute assez jeune. Déjà attiré par la beauté des mots, le petit poète ne s’empêche pas de faire de petites blagues grammaticales à ses camarades d’école. Ses poèmes, il les écrit dès l’âge de 10 ans dans le journal « le coq catalan ». A 14 ans, il écrit en tant que journaliste à la rubrique spectacles. En fouinant un peu, il découvre Gershwin, une inspiration qui le suivra toute sa vie. Transporté par ses ailes de petit artiste, Charles Trenet vole jusqu’à Paris. Il côtoie le milieu artistique où se trouve Jean Cocteau, Fritz Lang et d’autres poètes comme Albert Bausil. 

La mer patrie

La guerre et l’Occupation brise la vision toute rose de Charles. Alors qu’on lui conseille de chanter ses textes, il écrit « Y’a d’la joie » en 1936, quand tout allait encore très bien. Le succès est immense. Sans aucune chance, Trenet part faire son service militaire. Au début de la guerre, les journaux l’annoncent mort. Une affreuse « fake news » version 1940 que le chanteur démentira aussitôt. Autre tromperie sous l’Occupation : Charles est dénoncé en tant que « juif » alors que les gardes hitlériens chassent la moindre personne suspectée. Sa mère s’en mêle. Elle est contrainte de montrer ses papiers et de convaincre de leur « race aryenne » à l’administration allemande. A la fin de la guerre, c’est une troisième supercherie qui l’accusera d’être un collaborationniste. Une photo de lui, jouant au piano près de deux soldats nazis étaient apparue comme très persuasive aux yeux de l’opinion publique. A cette même soirée, il jouait au cabaret du « boeuf sur le toit » où tout le gratin intellectuel se rendait. Par malchance, deux soldats nazis étaient entrés. 

Le fou-semblant

Lors d’un entretien au Parisien, son manager depuis 20 ans, Gilbert Rozon, disait qu’il y avait « Deux Charles, celui capricieux, près de ses sous et celui du travail ». Toujours dans une habitude quasi militaire où il s’imposait « 8 ou 9 kilomètres de marche tous les jours », même la fin de sa vie a été rythmée par de nombreux projets. Le « fou chantant » a pu enfin comprendre d’où venait ce surnom. « On m’appelait le fou chantant parce qu’on a été surpris par le rythme de mes chansons, leur dynamique et on a pas saisi exactement toutes les paroles ». 

Le succès aura porté Trenet vers les lumières des planches et des studios. Aimé ou détesté, il se contentait de regarder là où il voulait. En 1966, « pourquoi avoir peur des gens qui vous aiment ? » se questionnait-il. 

Par Noé Davenas

Dernière modification le 18/05/2021 à 20h16

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