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Démission de l'archevêque de Munich : la responsabilité inavouée

Publié le 6 juillet 2021

L’archevêque Reinhard Marx, représentant de l’Eglise catholique à Munich, a déposé sa démission le 21 mai. Accablée par des scandales d’abus sexuels sur des mineurs, l’Eglise ne fait rien, selon lui, pour régler la situation en Allemagne. En renonçant à ce poste, il entend assumer la « responsabilité » dans cette « catastrophe ».


Alors que le Vatican est accusé depuis des années sur les scandales de pédophilie, l’archevêque allemand Reinhard Marx soutient les victimes. Dans sa lettre, il appuie le fait qu’« il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels ». Le 10 juin, le pape en personne rejette sa démission, conseillant d’ « assumer la crise personnellement et communautairement » et ajoutant que la « politique de l’autruche ne mène nulle part ». Depuis des années, de nombreux cas de viols et de pédophilie au sein des églises sont mis en lumière. Selon la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise, 10 000 mineurs ont potentiellement été victimes de pédocriminalité dans l’Eglise en France. 

 

Père Marx / Matthias Blak AFP

 

Le péché français

En France, c’est aussi un problème de fond. Dernièrement, l’affaire Preynat a remis la lumière sur ces faits. Cette affaire faisait état de nombreuses agressions sexuelles dont l’ancien prêtre Bernard Preynat était accusé. Tout remonte à 1971 jusqu’à 1991. D’anciens scouts ont porté plainte pour des cas d’attouchements et viols commis dans le Rhône. Il est condamné à 5 ans de prison en mars 2020. L’ancien archevêque de Lyon, , était aussi lié à l’affaire. Accusés pour la non-dénonciation des crimes du père Preynat, il est relaxé en janvier 2020. Pour pallier au problème, l’Eglise de France, au cours de la conférence des évêques, avait promis une compensation financière pour les victimes. Mais certaines associations n’ont pas adhéré à cette solution, trop légère pour les conséquences subies. 

Père Preynat / Phillipe Desmazes AFP

 

La lutte contre les maux

Des actions ont été menées dans toute la France. « La Parole libérée », association co-fondée par François Devaux, a dévoilé, selon le site, plus de 400 témoignages de victimes. La plateforme Jonas, créée par François Debelle, diocèse de Marseille, permet de mieux comprendre les cas de pédocriminalité dans l’Eglise. Jonas répertorie 21 associations qui luttent contre le phénomène et se montre comme un outil de collaboration entre acteurs. La commission Sauvé, rassemblant des prêtres de manière indépendante, vont à l’encontre des victimes et sont chargés de faire un état des lieux. 

Par Noé Davenas

Dernière modification le 06/07/2021 à 10h30

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