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Noël, symbole de surconsommation

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Le temps des oranges paraît bien loin. Aujourd’hui, le Père Noël semble être devenu un brin matérialiste et capitaliste, laissant même derrière lui un bilan environnemental qui n’a rien d’un cadeau... 


Noël arrive à grands pas et le monde grouille dans les magasins, à la recherche du cadeau parfait, du sapin idéal ou des dernières décorations à la mode. On ne compte même plus les publicités mettant en scène le Père Noël sur fond de Mariah Carey ou les dizaines de calendriers de l’avent en tête de gondole des supermarchés. Vous l’aurez compris, Noël est devenu le triste symbole d’une fête qui met en lumière tous les travers d’une société capitaliste et son impact sur l’environnement.


Mon beau sapin


Il est peut-être le roi des forêts mais il est tout autant le roi de Noël. Pourtant, qu’il soit naturel ou artificiel, qu’il trône sur la place de la mairie ou dans votre salon, le sapin de Noël a son lot de conséquences sur l’environnement. Prenons un sapin artificiel en plastique, sa production et son transport émettraient plus de 8 kilos de CO2 selon le cabinet d’études québécois Ellipsos, sachant que sa durée de vie est estimée à 6 ans. D’autant que, pire, on le changerait en moyenne tous les trois ans. La firme québécoise estime également que “l'arbre artificiel contribuerait trois fois plus aux changements climatiques et à l'épuisement des ressources que l'arbre naturel”, dont l’empreinte carbone s’élève à 3,1 kilos de CO2. Mais l’arbre naturel a, lui aussi, son lot de défauts puisqu’il n’est pas toujours local et encourage l’utilisation de pesticides et l’exploitation des sols.


Seule solution alors : le fabriquer soi-même ! Il existe de nombreuses alternatives aux sapins artificiels ou naturels. Vous pouvez le faire maison avec des livres empilés, des boîtes d'œufs vides, une échelle ou des morceaux de bois récupérés.


C’est cadeau


Il est bien souvent question de jouets, de jeux vidéos, de vêtements, de bijoux. En bref, les Français se ruent vers l’achat de cadeaux matériels achetés en ligne, ou non. Il faut dire que le Black Friday et le Cyber Monday font désormais figure d’inratables dans la course aux achats de Noël. On estime que 20% du chiffre d’affaires annuel des sites de vente en ligne est réalisé à la période de Noël. Une fois reçus, ces objets sont en plus soigneusement emballés et scotchés. Chaque année, la France consomme, et jette, 20 000 tonnes de papier cadeau, de quoi faire plus d’une fois le tour de la Terre ! D’autant qu’une année de production nécessite plus de 300 000 mètres cubes d’eau et 83 millions de kW d’électricité. Rien que ça… 


Là encore, vous pouvez essayer le fait-maison et Noël est également l’occasion parfaite pour faire connaître des marques écoresponsables ou durables à votre entourage. Mieux encore, laissez-vous tenter par les cadeaux immatériels (massage, abonnement, atelier découverte...) ou les cadeaux d’occasion. Pour l’emballage, adoptez les Furoshiki, cet art japonais basé sur des techniques de pliage et de nouage de morceaux de tissus.  

 


Source : Luizzati

 

L’envers du décor


Comment parler de Noël sans évoquer les décorations qui brillent de mille feux dans les rues de la ville ou sur les murs de votre maison ? On ne peut évidemment pas les rater, ni dans les rues, ni sur la facture d’électricité… Et pour cause, selon l’ADEME, les décorations de Noël des villes et des ménages consommeraient 1 300 MW d’électricité par an en France, l’équivalent d’une centrale nucléaire. Comme le sapin, elles sont bien souvent remplacées bien avant qu’elles ne soient hors d’usage et sont même de plus en plus des objets de mode, donc sujettes à la surconsommation. 

 


Source : La Voix du Nord


Pour limiter cet excès, il existe aujourd’hui des décorations solaires, capables de se recharger toute la journée pour briller toute la nuit. Sinon, rien de plus simple que des décorations non lumineuses ou un rappel pour penser à les éteindre en journée !


Entrée, plat, dessert


Enfin, les fêtes de fin d’année laissent évidemment une place majeure à la nourriture. Les pommes de terre, la dinde et la bûche en font saliver plus d’un mais, au risque de casser l’ambiance, ces produits viennent de loin et on a généralement la main lourde sur les quantités. En France, on estime que le gaspillage de nourriture passe de 12% à 20% au moment des fêtes. A cela s’ajoute évidemment le traditionnel morceau de foie gras, qui reste un aliment venu tout droit de la torture animale. Au final, il est plutôt question d’un repas en grandes pompes dont le bilan environnemental laisse grandement à désirer. Tout ceci sans évoquer le business du chocolat et des calendriers de l’avent en tout genre qui donnent de l’eau au moulin de la surconsommation. Selon l’institut Nielsen, 12 millions de calendriers de l’avent ont été vendus en France en 2019. Quant au marché du chocolat, 22% de son chiffre d'affaires annuel est réalisé à la période de Noël selon le Syndicat du Chocolat

 


Crédits : Remy Gabalda AFP


De même, il est possible d’adopter des démarches plus respectueuses de notre planète en privilégiant des produits bio et locaux, en retirant le foie gras de votre liste de courses ou en cuisinant des quantités modérées. N’oubliez pas de vous adapter aux goûts et aux régimes de vos convives pour éviter tout gaspillage supplémentaire. 


L’idée n’est pas de rayer Noël du calendrier mais plutôt de revoir nos habitudes de consommation. L’institut de Stockholm estime que le bilan carbone de Noël atteint 650 kg de CO2 par personne. Un chiffre alarmant qui ne fait que justifier qu’il est grand temps de fêter Noël de manière plus responsable !

Par Loïs Larges

Dernière modification le 10/01/2022 à 22h05

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