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Rwanda : les oiseaux ne chantent pas le 7 avril

Publié le 1 juin 2021

Le 27 mai 2021, Emmanuel Macron s’est rendu à Kigali, capitale du Rwanda. Face au mémorial du génocide contre les Tutsi, le président a reconnu une « responsabilité accablante » de la France dans le conflit. Durant le discours, il s’est cependant désengagé de la notion de « complicité » reproché à l’Etat français. 

En se rendant au Rwanda, le président a tenu à ouvrir une « nouvelle page » entre la France et le Rwanda. Il a d’ores et déjà annoncé un retour d’une ambassade française dans le pays et espère une relation diplomatique plus détendue. Pour cela, il s’est s’exprimé sur le massacre des tutsis, évènement sur lequel l’Etat rwandais tente de rebondir depuis une vingtaine d’années. « Reconnaître ce passé, c’est aussi poursuivre l’oeuvre de justice » a-t-il certifié. Pendant sa prise de parole, une potentielle ouverture des archives au Rwanda et en France a été abordée. Malgré la reconnaissance de ces faits, certaines associations de victimes reprochent encore le manque d’excuses de la part du président. 

 

Sous France

Certaines association de rescapés de ce génocide en attendaient plus. Interrogé par les médias français comme Le Monde ou Franceinfo, Egide Nkuranga, président d’Ibuka, la plus grande association chargé des questions sur le génocide rwandais, a regretté l’absence d’excuse. Il a affirmé que « le premier ministre belge est devenu demander pardon » et « même le président américain ». Désormais c’est les condoléances d’Emmanuel Macron qui sont demandées. Il salue toutefois l’explication du génocide et sa reconnaissance en tant que désastre humanitaire. Paul Kagame, président du Rwanda, pense quant à lui que le discours d’Emmanuel Macron a « plus de valeur que des excuses ». Raphaël Glucksman avait appelé le 26 mai à ce que le président français dise la vérité que « ni la gauche, ni la droite ne surent dire » selon lui. En 2019, une commission de recherche a été mis en place pour mettre toute la lumière sur ces évènements. Il est remis en mars 2021 à Emmanuel Macron. 

 

1990-1994

Le conflit commence en 1990. La France s’engage officiellement le 2 octobre de la même année et envoie des troupes de parachutistes. Le Rwanda est attaqué au Nord par les Tutsi. Le pays est vu comme un très bon allié et surtout son président, Juvénal Habyarimana. Ce dernier demande l’aide à l’armée française alors que surgissent des violences dans le pays. Mais en France, certaines personnalités s’engagent contre l’intervention des français au Rwanda. L’Etat rwandais est accusé notamment de violentes répressions envers les Tutsi comme des tueries, arrestations et l’instauration d’un couvre-feu à Kigali. Le génocide des Tutsi fait plus d’un million de morts selon l’administration rwandaise et s’arrête en juillet 1994. 

Le génocide au Rwanda fait partie des problématiques remises sur la table à chaque présidence. Tout comme l’Algérie, les commissions mettent plusieurs années à établir la vérité des faits. Elles restent encore un débat qui déchire les partis.

Par Noé Davenas

Dernière modification le 01/06/2021 à 14h12

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