Culture

Le livre papier, l'indétrônable ?

Publié le 17 septembre 2021

La rencontre du monde littéraire avec le monde numérique ne fait pas l’unanimité. Certains s’imaginent que c’est trahir le papier qu’on aime tant toucher, d’autres le voient plus comme une évolution intéressante pour un univers qui peine à développer de nouveaux formats de consommation. 


La fermeture des librairies en 2020 aura eu pour seul honneur de montrer concrètement ô combien la population française est attachée au livre papier. Et pour cause, cette même année, 81% des Français se déclarent lecteurs et, parmi eux, 83% ont lu des livres papiers selon une étude menée par le CNL -  Centre National du Livre - et Ipsos. Pire, seuls 3% des lecteurs disent ne lire que des livres numériques. Force est de constater que ce scénario ne laisse que très peu de place aux nouveaux formats comme le livre numérique ou le livre audio, pourtant en plein essor. 

 

Du papier à l'écran


Déjà vieux de plusieurs décennies, le livre numérique séduit bon nombre de français et les chiffres le prouvent : le nombre de lecteurs adeptes du livre numérique a quadruplé en cinq ans en France, passant de 5% en 2012 à 21% en 2017 selon le 7ème baromètre des usages des livres imprimés, numériques et audio de la SOFIA - Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit -, du SNE - Syndicat national de l’édition - et de la SGDL - Société des gens de lettres -. Plus récemment, on estime que près d’un français sur quatre a déjà lu un livre numérique. Un chiffre qui s’explique en grande partie par la fermeture des librairies et des bibliothèques pendant la pandémie. 


Pour autant, le marché du livre numérique peine à se faire une place. Après l’émergence de Google Books en 2004, des Kindle en 2006 et des Kobo en 2009, l’espoir était entier. Les experts tablaient sur une croissance soudaine de ce nouveau format et estimaient une part de marché de 20% en 2015. Six après cette année charnière fixée par les experts, le constat est sans appel : le livre numérique ne pèse que 10% de ventes totales de livres, un chiffre bien en deça de nos voisins : 18% au Danemark, 17% en Grande-Bretagne notamment. La progression est bel et bien présente mais elle est plus lente qu’espérée. Et qui d’autre que le prix pour freiner l’ascension de ce nouveau format ? Il est essentiel de le rappeler, la loi française établit un prix unique, fixé par l’éditeur, pour chaque livre (article 1 de la loi Lang du 10 août 1981 ndlr) afin de limiter la concurrence et permettre le développement du secteur. Cette loi est élargie au livre numérique en 2011 et, là où les adeptes attendent une différence de prix de près de 40%, rares sont les maisons d’édition qui vont au-delà des 25 à 30%. Une pratique inadmissible pour celles et ceux qui rappellent que le livre numérique, c’est tout de même nettement moins de papier à acheter, de stocks à gérer ou de transports à assurer. Tellement inadmissible qu’en 2017, ils étaient 73% à se tourner vers les livres tombés dans le domaine public ou le piratage selon le 7ème baromètre des usages des livres imprimés, numériques et audio de la SOFIA, du SNE et de la SGDL - Société des gens de lettres -. Reste aussi que la TVA appliquée n’est pas la même : 5,5% pour le livre papier, 19,6% pour le livre numérique. 


À la recherche du temps gagné


Bien que son développement soit plus récent, le livre audio semble pourtant suivre la même tendance. Cette année, ce format ne représentait que 2% du marché du livre. Là encore, nos voisins européens sont bien plus en avance : 5% en Allemagne et 12% en Suède notamment. En parallèle, le leader en France, Audible, précise que les auditeurs consomment jusqu’à deux heures de lecture par semaine, contre une moyenne mondiale de deux heures par jour. 



Néanmoins, ce format semble bien plus prometteur que son frère. En 2021, un français sur cinq dit avoir déjà écouté un livre audio selon le 11ème baromètre des usages des livres imprimés, numériques et audio de la SOFIA, du SNE et de la SGDL. Il faut dire que les avantages qu’il permet sont multiples. Le premier étant l’ouverture de ce loisir aux personnes non-voyantes et malvoyantes. Le livre audio séduit aussi car il permet de lire tout en permettant une activité parallèle. D’autant que The Telegraph a rapporté le résultat de plusieurs neuroscientifiques : lire ou écouter un livre active les mêmes parties du cerveau. Une étude qui vient clore le débat sur le livre audio comme “tricherie” ou “fausse lecture”. Dernier point, l'expérience offerte par l’écoute d’un livre audio n’a rien de celle d’un livre papier. C’est une immersion complète entre effets, mise en scène et ambiance sonore. Le tout avec des voix différentes ou une seule : celle de l’auteur !

 

Par Loïs Larges

Dernière modification le 18/09/2021 à 12h51

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