Parce qu’apparemment, je ne suis pas seule à écrire sur la rencontre avec mon amoureuse, sur les endroits de mon enfance qu’elle découvre petit à petit, sur ma grand-mère, sur l’enfant que je n’aurais probablement pas, sur le fait de revoir mon ex…
Et il faut dire que Ben Mazué en parle avec une telle générosité et sensibilité que chacun de ses mots s’adresse à moi directement.
Ce nouvel album s’appelle « Famille » et aurait aussi bien pu s’appeler, « Présence » ou « Amour ».
En tout cas, l’amour en mon coeur est bien présent face à ces nouveaux morceaux .
Je l’attendais tellement,
Mais qui n’attend pas les nouvelles musiques de Ben Mazué ?
Depuis les singles déjà sortis, les jours étaient comptés avant de découvrir, enfin, d’où ils venaient, et de qui ils étaient accompagnés dans cet album.
Je l’attendais tellement, mais Ben offre tellement plus.
Cet album renferme tellement de sentiments communs que je ne sais comment vous en parler, vous résumer un tel projet, vous partager, aussi exactement que possible, ce que ces 14 titres, veulent dire de moi.
Je pourrais parler des chansons une à une, restituant mes notes et sujets préférés, ou bien dire d’une traite, ce qui me plaît, pour ainsi dire : presque tout.
Alors je parlerai de ce duo qui tourmente avec Yoa, de leurs voix qui ne se croisent qu’à peine, de leurs mots que j’ai peur de vivre un jour, de ces ruptures que je n’espère plus jamais ressentir. Quoi de plus terrifiant qu’entendre que l’amour n’est pas de l’humanitaire venant de son amour, de l’être aimé ?
Je parlerai de « Cette guerre » qui résonne comme « Je serai celui qui fait gaffe aux autres », des touches de piano qui s’enfoncent aussi loin qu’elles le peuvent, et qui résonnent encore, des quelques cordes de guitares grattées en écho, qui accompagnent intensément. C’est un compliment que je n’ai jamais fait, je n’aime pas, en général trouver un artiste là où je l’attends, j’aime être surprise, découvrir quelque chose de totalement décalé, un pas sur le côté. Mais là, c’est comme le plaisir de rentrer chez soi, d’être à la maison, de connaître par coeur. Alors dans un album qui s’appelle « Famille », j’accepte et ça fait sens.
En écoutant « Cecile Gagnant », mon coeur s’effrite, et c’est merveilleusement beau ainsi. Angoisse palpitante de ne pas rencontrer cet enfant que j’aime tant, angoisse de ne jamais vivre avec lui à mes côtés, « Donc tu n'existeras jamais que dans mes rêves et mes pensées », ai-je autre chose à ajouter ? Cette musique dit déjà tout ce que je peine encore à écrire. Ben, merci.
J’aime écouter ces musiques et découvrir ses petits secrets de famille, les descriptions d’un quotidien précis, toucher du bout des doigts les détails de vie des autres. Si différents et si communs à la mienne.
Je parlerai aussi du fait que « Famille », s’achève joliment, par la musique, les instruments qui virevoltent, la voix étant mise de côté tout rapidement, moi qui en avais encore besoin. Aussi, j’aime le « tadatadatadatadata » de Tony Micelli qui retient toute mon attention.
J’ai tellement de nostalgie dans le coeur, « Valse avec mamie ». Ai-je besoin de dire que cette prise de position, ce « je », ces confidences, sa voix âgée me font trembler le coeur. Ce presque autoportrait musical, quelle douceur. Soudainement j’ai 10 ans, je suis dans la cuisine de ma mamie et nous écoutons les chansons, devenues les chansons souvenirs d’aujourd’hui. Revoir son ex me perce le coeur, je sens le battement qui s’accélère, l’ambivalence des sentiments, le fait de ne pas savoir, de penser savoir, d’être trop prête, pas assez ; moi aussi, mon coeur bat bien trop vite. Le refrain qui ne me lâche pas depuis des semaines, et puis disons-le tout de même, les échos sont très séduisants. Écouter Ben Mazué, c’est accepter les frissons qui s’installent au fur et à mesure que les paroles m’entêtent. Les cordes de guitare presque innocemment jouées sur « Résolution ». Résolution au singulier d’ailleurs, j’aime ce léger détail. Je parlerai aussi de la musicalité dansante et inattendue de « Je peux pas », de l’importance de « Tous tes amis l’adorent », du câlin au coeur que me fait cette chanson, merci.
Même en ayant dit tout ça, mon coeur déborde encore.
Album précieux, réparateur, questionnant, doux, rassurant.
Juste merci.
« Famille » reste dans mon coeur, pour les moments difficiles et dansants à venir.
« J’en ai pour des heures de plaisir ».
Andrea
Crédit photo : photo de presse - Philippon
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