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Tentative de silenciation lors du procès de la famille Berry : "En vingt ans de barreau, je n'ai jamais vu cela !"

Publié le 3 avril 2022

Le 21 janvier 2021, le parquet de Paris s'est vue recevoir une plainte de la part de Coline Berry-Rojtman. Cette dernière dénonce « des faits de viols ou d’agressions sexuelles incestueux, et de corruption de mineure ». Depuis, de nombreux repondissements ont eu lieu. Je parlerai, du début à la fin de cet article, de comportements humains et non animaliers. Je préfère préciser : certains actes portent à confusion. 

La fille aînée de l’acteur Richard Berry a ouvert une enquête. Interrogée par le journal Le Monde après son dépot de plainte, Coline a pu développer les faits possiblement commis par son père et son ex belle mère. D'après elle, son père se baladait nu chez eux et l’embrassait « sur la bouche avec la langue ». De plus, c'est au milieu des années 1980, alors que Richard Berry était en couple avec la chanteuse américaine Jeane Manson, qu'il aurait poussée à participer à des jeux sexuels avec sa compagne. Jusqu'ici, rien de tout rose. 

De Booba Kaaris à la famille Berry

Peu après la plainte déposée, l'acteur, au courant de l'appel au journaliste fait par sa fille ainée, a témoigné de cette histoire, la rendant publique, sur les réseaux sociaux : 

En story Instagram, l'acteur fait part de la douleur qu'il ressent, face à ces accusations, en tant qu'homme mais aussi -et surtout- en temps que père. Cependant, cette réaction ne laisse pas de marbre sa fille aînée qui, à son tour, a témoigné publiquement. 

Ce que l'on pourrait considérer de "clash" sur les réseau, touchant à l'intime et donc, par principe fondamental, plus grave qu'une dispute entre deux meilleurs amis, ne s'est pas terminé si vite. En effet, ne pouvant assumer une telle accusation, Jeane Manson a décidé de porter plainte contre Coline Berry pour diffamation. Une plainte qui s'est vue traîtée (ou presque) lors d'un procès ouvert ce Vendredi 1er Avril. Préparez-vous, il y en a eu des blagues. 


Tentative de silenciation

Lors du procès, étaient présent.e.s les concerné.e.s... Mais pas que ! Dans le publique, Pascale Louange, actrice, mais surtout compagne actuelle de Richard Berry. Je dis "surtout" car il faut être folle amoureuse pour faire une chose pareille. Ou irationnelle ? Ou les deux ? 
Alors que Coline Berry témoignait de ce qu'elle avait vécu, Pascale Louange s'est levée et a mis une gifle à la plaignante. Oui. Une gifle. Parce qu'aujourd'hui, lorsque l'on veut invisibiliser un témoignage, faire taire une parole qui, comme toutes les autres, a le droit d'être entendue, on gifle. Une agression causée par une personne ayant nullement rapport avec cette affaire, ne pouvant être excusée par une pression psychologique. Maitre Karine Shebabo, l'avocate de Coline Berry, s'est exprimée : 

"En vingt ans de barreau, je n'ai jamais vu cela. C'est toute la difficulté des victimes d'incestes à dénoncer les faits : on est obligé de frapper pour les faire taire." 

À la suite de cette tentative de procès, l'avocate de Coline Berry a porté plainte pour sa cliente contre Pascale Louange. Et, en ce qui concerne la plainte pour diffamation déposée par Jeane Manson, la voilà mise en pause. Une nouvelle audience aura lieu le 14 avril 2022. 

Pourquoi c'est du n'importe quoi

À savoir que je prends la parole sur cette dernière partie avec, comme seule source : mon avis. La présomption d'innocence est un principe juridique que je respecte énormément en vue du nombre d'affaires lamentablement gérées (ceci n'est pas un jugement de valeur mais un simple constat). Cependant, la présomption d'innocence ne devrait EN AUCUN CAS (et je mets des majuscules) mettre en danger quiconque présent.e.s (plaignant.e ou accusé.e) dans une affaire. Dans cette dernière, Pascale Louange n'est ni accusée, ni plaignante. Elle est simplement là. Sûrement énérvée, peut-être qu'elle connaît la vérité de cette histoire, peut-être que non. Et, jusqu'ici, je pense que nous sommes beaucoup à avoir déjà été confrontés à une personne qui nous énérvait au plus haut point. Avons-nous giflé pour autant ? 

Cet acte décridibilise le partie des accusé.e.s, je m'explique. Lorsque cette gifle a eu lieu, Jeane Manson a cru bon de soutenir cet acte, arguant à tout va que le surnom Coline Berry, depuis petite, était "la mytho". Richard Berry a également défendu sa femme. Cependant, refuser de défendre la violence n'aurait pas été renoncer à ses idées concernant ce procès. De ce fait, les accusé.e.s n'ont fait que s'enfoncer. En faisant taire les paroles de la plaignante, ils se sont rendu.e.s vulnérables et craintifs. 

Marc Aurèle le disait : "Rien n'est avantageux qui te fait perdre le respect de toi-même.". Alors respectons la loi, les gens, la justice. Sororité ou pas, cela relève simplement du bon sens. 

Par Jenna Boulmedaïs

Dernière modification le 03/04/2022 à 14h46

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